14 juin 2026

Actualités académiques

Organisation de l’EAF 2026 : pas d’outrances dans l’harmonisation !

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Le SNES-FSU Orléans-Tours a écrit au recteur pour dénoncer la création d’une hiérarchie intermédiaire lors des épreuves d’EAF et une harmonisation à outrance.
Nous appelons les correctrices et correcteurs à effectuer leurs missions de correction et de jury avec le sérieux habituel qui les caractérise, sans se préoccuper de ces nouvelles directives de management qui dégradent leurs conditions de travail.
Le SNES-FSU Orléans-Tours soutiendra les personnels qui seraient inquiétées pour cette action.

La lettre au Recteur.

Monsieur le Recteur,
Nous avons été alertés par les procédures d’harmonisation proposées aux collègues et la pression qu’elles mettent sur les correcteurices et les examinateurices de l’EAF.

Les corrections de l’épreuve écrite

À l’écrit, une auto-harmonisation est fortement attendue de la part des collègues, elle se fonde sur une pseudo-base statistiques sans informations sur les marges d’erreurs liées aux petites quantités ni formation à ce sujet. C’est à la fois une charge de travail supplémentaire pour les correcteurices mais aussi une pression suffisamment importante pour biaiser la sincérité de la correction, chaque correcteurice craignant de ne pas être « dans la moyenne » et de voir son lot mis à l’index. Il est attendu des correcteurices ayant un lot dit « exceptionnel » (particulièrement faible ou particulièrement bon) de se signaler elleseux-mêmes aux IPR pour anticiper toute suspicion de travail « bâclé ». C’est à la fois infantilisant et méprisant.

De plus, lors de la réunion d’harmonisation du 2 juillet, il ne nous semble pas normal que les personnels doivent apporter leur ordinateur portable personnel (qui n’a d’ailleurs pas d’existence obligatoire). Les modalités de cette réunion font porter sur des enseignantes la responsabilité de juger le travail de leurs pairs. C’est là encore une pression importante exercée sur les collègues concernéés mais aussi sur les correcteurices qui savent que leur travail va être scruté s’il sort du cadre.

Le suivi des épreuves orales, coordination ou hiérarchie intermédiaire ?

Pour l’oral, une nouvelle mission de coordination est imposée pour cette session. Quelles sont les responsabilités précises des coordonateurices ? Comment sont-elles et ils désignées ? Quels outils d’analyse et quel temps leurs sont donnés ?
Même si le discours officiel insiste largement sur l’absence de rapport hiérarchique entre les coordonateurices et les examinateurices, il nous semble évident que les missions annoncées instaurent de fait une posture hiérarchique intermédiaire que nous dénonçons puisqu’elle n’a pas lieu d’être et mettra en difficulté les personnels.

L’organisation d’une réunion d’harmonisation (obligatoire ? Si oui pourquoi ?), du 24 juin va représenter une charge de travail supplémentaire pour ces coordonateurices :
• négocier un temps commun avec des collègues qui auront déjà accompli 3 jours d’oraux, seront fatiguées, et auront légitimement envie de rentrer chez elleseux (surtout si le centre d’examen est loin de leur domicile). D’autant plus s’ils et elles auront fini tôt et ne souhaiteront pas attendre plusieurs heures,
• se charger de trouver une salle (la question des relations avec le ou la cheffe de centre est importante),
• préparer en amont la réunion : recueillir les moyennes, calculer la moyenne de centre (avec quels outils si les collègues refusent de communiquer leur moyenne ou n’ont pas encore rentré leurs notes à ce moment-là ?),
• identifier les problèmes et les analyser avec les collègues (s’ils veulent bien) et prendre une posture quasi-évaluative en conseillant aux collègues de revoir leur notation le cas échéant. Nous alertons sur la pression mise sur les examinateurices qui risquent de biaiser leur notation pour être tranquilles, ou de s’interroger légitimement sur l’action des coordonateurices.
• rédiger un compte-rendu, voire deux pour différencier bac général et technologique, et se charger de le transmettre dans un délai contraint aux IPR,
• répondre à l’obligation d’échanger avec le ou les collègues absentes (quand ? puisque la session s’interrompt pour plusieurs jours).
Et surtout, affronter l’hostilité prévisible d’examinateurices qui se sentiront surveillées. À raison, puisque les coordonateurices doivent lors de cette harmonisation, semble-t-il, identifier les problèmes de préparation des candidats et faire remonter l’information, c’est-à-dire dénoncer les collègues qui auraient « mal préparé » leurs élèves à l’épreuve. Quelles seront les conséquences pour ces enseignantes désignées comme défaillantes ? Nous alertons sur les risques réels de dérives face à cette demande totalement illégitime.

Finalement, pour le SNES-FSU, les coordonateurices de centre pour l’oral ne sont pas de simples relais dont la mission se bornerait à transmettre les moyennes comme cela a été annoncé. Ils et elles accusent une charge de travail et une pression supplémentaires, interrogent le même nombre de candidats, dans les mêmes conditions tout en ayant une posture extrêmement inconfortable voire dangereuse.
Ce n’est pas à elles et eux d’organiser une réunion d’harmonisation ni de surveiller l’avancement du travail de leurs collègues, ce n’est pas la posture d’un enseignant dans le cadre de ses obligations réglementaires de service.

Faire valoir l’expertise des personnels

Il apparaît que cette mission ne peut générer que des tensions entre les collègues et doit être complètement revue sinon annulée pour assurer la sérénité de l’organisation des épreuves et du travail des personnels. Dans l’attente d’une évolution positive, nous appelons les collègues à assurer leurs missions avec tout le sérieux qui les caractérise au quotidien sans se préoccuper de ce nouvel outil de management qui dégrade leurs conditions de travail.