27 février 2026

Actualités académiques

Déclaration FSU pour le CSA SD du 12 février 2026 sur la répartition des DHG collèges

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Avant de commencer cette déclaration, la FSU du Cher souhaiterait exprimer toute sa solidarité et son émotion à la communauté éducative de Châteaumeillant suite au décès d’une de nos collègues AESH le week-end dernier.

Madame la Directrice Académique, nous avons boycotté le CSA-SD mardi matin pour dénoncer une DHG indigente. Nous revenons aujourd’hui dans cette instance animés par la volonté de défendre les intérêts de nos élèves ainsi que les conditions de travail de nos collègues.

Nous voulions également assurer de notre soutien notre collègue d’Arts Plastiques victime d’une agression dont la violence témoigne de l’état de détresse psychologique dans laquelle est plongée notre jeunesse. Nous voulons, ici, dénoncer la terrible réalité d’adolescentes et d’adolescents livrés à eux-mêmes faute d’infirmiers, de Psy-En, d’Assistantes Sociales. Dénoncer également cette duperie qui consiste à répondre à ce mal-être profond par la mise en place de « secouristes en santé mentale » dont l’intitulé prêterait à rire si la situation n’était pas si tragique…

Au bal des dupes, notre président et notre ministre ne sont pas les derniers à entrer en lice. Alors que les établissements résonnent encore du fracas de l’annonce de ces dotations qui actent le renoncement d’une politique ambitieuse d’Éducation, Emmanuel Macron et son zélé ministre déploient un rideau de fumée en annonçant sans concertation aucune une réduction des vacances d’été ainsi qu’une refonte des rythmes scolaires. On se paye de mots, de fulgurances médiatiques, mais on sait déjà que ces annonces se fracasseront sur la réalité bâtimentaires de nos établissements vieillissant et inadaptés aux chaleurs estivales, et ne passeront pas les fourches caudines des lobbies de l’industrie du Tourisme.

Notre ministre se targue, en outre, dans les médias que les professeurs seront face à des classes de 21 élèves. Il oublie de dire qu’il n’évoque que le 1er degré et fait preuve, par la même, d’insincérité en ne donnant pas les chiffres du 2d degré où le nombre d’élève par classe ne cesse d’augmenter. L’indigence de la DHG qui nous est octroyée, malgré les efforts de vos services dont on sait dans cette enceinte tout le sérieux et la compétence, est pourtant criante et les chiffres sont implacables, têtus… Ainsi, pour le Cher, ce ne sont que quelques 6 % des classes qui atteindront les 21 élèves ou moins, moyenne des pays de l’OCDE. Le nombre d’élève par classe atteint 25.7 (+0.1). Ces chiffres résument à eux seuls la politique d’abandon des collèges par le Ministère. Qu’il soit bien clair que cette nouvelle saignée de 199 heures ne restera pas sans conséquence puisque qu’elle va entraîner la fermeture de 10 à 14 classes dans les collèges du département. Et il ne s’agit ici que d’une estimation réalisée à partir des données reçues assez tardivement. La réalité des établissements sera peut-être autre. L’utilisation des marges, si elle n’est pas accompagnée de fléchages prescriptifs devrait pouvoir permettre à certains collèges de ne pas fermer ou d’ouvrir des classes pour alléger les effectifs, et ainsi essayer de se rapprocher de conditions d’enseignement décentes. Nous espérons aujourd’hui qu’il ne sera pas donné, comme les autres années, de consignes de non utilisation de la marge pour ces ouvertures.

Au-delà de ces chiffres, ce que nous souhaitons souligner dans cette instance ce sont les risques psycho-sociaux qui explosent dans notre département. Pour multifactoriels qu’ils soient ces RPS sont cependant directement liés à la constante dégradation des conditions de travail résultant de DGH, chaque année, plus chétives. Cet effondrement des moyens, pour reprendre ici un terme cher à notre ministre, rend toujours plus ardu l’exercice du métier en multipliant les classes surchargées et les postes partagés et ce même pour des collègues installés depuis longtemps dans les établissements.

Cette instance nous donne également l’occasion de vous faire part de notre immense lassitude face au mépris constant affiché par les médias envers notre profession. Non, Madame la Directrice Académique, Claudette Pascal n’est pas une « Prof agressée par un élève »… C’est une enseignante d’Arts Plastiques, victime d’une tentative d’assassinat dans l’exercice de ses fonctions. Le choix des mots est révélateur. Il ne viendrait pas à l’idée à ces mêmes journalistes d’écrire en titre « Une toubib agressé par un patient ».
Mardi nous avions choisi de répondre à ce mépris institutionnel, médiatique et sociétal par le silence assourdissant laissé par notre départ collectif, aujourd’hui nous témoignerons d’une voix forte de la détresse d’une profession que l’on empêche de réaliser ses missions.

« Quand une société ne peut pas enseigner, c’est que cette société ne peut pas s’enseigner. »
Charles Péguy

La dotation attribuée cette année pour les SEGPA est proche de celle de l’an dernier (même si on note une baisse d’une HP dans 3 SEGPA 64 et ainsi que sur 3 SEGPA 32 par rapport à la dotation de l’an dernier. La SEGPA de Jules Verne perdra 37,5 heures par rapport à la dotation 2025. Les dotations sont hélas toujours trop faibles car le même problème se pose, année après année : des horaires par matière ne sont pas respectées pour les élèves car les équipes doivent faire le choix entre proposer toutes les disciplines sans respecter les horaires minimums ou ne pas toutes les proposer. Le respect des horaires est pourtant primordial pour la réussite des élèves de SEGPA, notamment dans leur projet d’orientation.
Les années précédentes, dans les SEGPA 32, des heures avaient été accordées car le nombre d’élèves dépassaient les 16 élèves par division. L’année prochaine, la SEGPA de Dun se retrouvera avec 19 élèves de 4-3S, sans moyens supplémentaires.

Il en sera de même pour la SEGPA de Jules Verne ainsi que celle de St Florent. Nous reviendrons sur ces 2 situations au cours de l’instance.

Dans certaines SEGPA, il n’y a plus de place pour accueillir les élèves dont l’orientation en SEGPA sera proposée (C’est le cas notamment pour la SEGPA du collège Jean Moulin qui a déjà 17 élèves en 6e SEGPA, donc qui ne pourra accueillir de nouveaux élèves en 5e ou bien encore sur celle de Dun s/ Auron).
Nous avons été surpris d’apprendre la volonté du chef d’établissement du collège Jean Rostand de St Germain du Puy de supprimer le demi-poste de PE sur la SEGPA. Nous rappelons que, même si cela est juridiquement possible, il est complètement insensé que les maths et le français ne soient pas enseignés par le professeur spécialisé ou le PE nommé en SEGPA. Les SEGPA ne peuvent être considérées comme une variable d’ajustement du collège.

Ce CSA est également l’occasion d’aborder des conditions de travail toujours difficiles dans ces sections. De nombreux collègues nous font remonter que le public accueilli est de plus en plus difficile. Les difficultés éducatives sont toujours plus présentes chez nos élèves engendrant des situations de tension de plus en plus compliquées à vivre.

Les attentes d’orientation pour les élèves scolarisés en SEGPA sont toujours là (en ULIS ou en ESMS). Autre sujet qui revient dans de nombreuses SEGPA : l’arrivée régulière de nouveaux élèves en cours d’année a souvent tendance à déstabiliser les groupes classes, la relation entre les élèves se dégradent et les conflits se multiplient.

Depuis des années, la FSU dénonce l’injustice indemnitaire du non-versement de l’ISOE part variable à tous les Professeurs des Ecoles enseignant en SEGPA alors même qu’ils exercent les mêmes missions de professeur principal que les autres enseignantes. Si le ministère a enfin décidé d’accorder l’attribution de la part variable de l’ISOE pour les collègues PE exerçant des missions de professeur principal pour les classes de 4e et 3e, nous souhaitons rappeler, ici, que les collègues n’ont toujours pas perçu cette indemnité suite un problème technique. Nous attendons donc que le ministère mette définitivement fin à cette injustice en accordant cette part variable de l’ISOE aux collègues PE exerçant des missions de professeur principal sur les classes de 6e et de 5e SEGPA.

Enfin, nous rappellerons, comme chaque année, notre attachement à la SEGPA. C’est un outil efficace contre l’échec scolaire. Nous défendons cette structure et nous sommes attachés à son déploiement sur l’ensemble du département car nous savons que plus la SEGPA est éloignée de la résidence familiale, plus les familles refusent cette orientation. La SEGPA contribue à la démocratisation scolaire et c’est pour cette raison que l’institution doit faire tout le nécessaire (DHG satisfaisante, formation des enseignantes, respect du nombre d’élèves par classe, plateaux techniques de qualité …) pour permettre à toutes les SEGPA de pouvoir remplir cette mission si importante. Vous comprenez donc notre stupéfaction à voir un demi-poste de SEGPA non occupé depuis septembre sur la SEGPA du collège Francine Leca de Sancerre.

Concernant les ULIS collège, nous constatons que le nombre d’élèves accueillis augmente et dépasse le nombre de 12 dans plusieurs dispositifs. Il demeure également des secteurs où malgré la présence d’une ULIS école, il n’y a pas d’ULIS collège (c’est le cas dans le sud du Cher, une ULIS école est implantée depuis de nombreuses années sur le Châtelet – les élèves fréquentant ce dispositif venant des secteurs de Lignières, de Châteaumeillant et du Châtelet).

Enfin, nous souhaiterions rappeler que le rectorat s’était engagé à discuter du mouvement inter-degré. Nous sommes en février et nous n’avons toujours aucune nouvelle alors que les opérations de mutation approchent.

En privant l’Éducation de ses moyens, le ministère prive les futurs citoyens de ce qui leur aurait permis de faire société au sein d’une République apaisée. Nous serons déterminés à défendre le service public d’éducation et ne seront pas les complices passifs d’une destruction progressive de ce creuset d’égalité et de tolérance qu’est notre Service Public d’Éducation.