On a entendu sa voix, ou pas, dans « La voix de Hind Rajab », docufiction de Kaouther Ben Hania, sortie en novembre 2025, voix enregistrée de Hind, petite fille de 5 ans scolarisée dans la classe des papillons de son école du quartier gazaoui de Tel al-Hawa.
Le 29 janvier 2024, obéissant à l’ordre d’évacuation donné par l’armée israélienne, le véhicule la transportant, elle et six membres de sa famille, était la cible d’un char israélien. Seule survivante parmi les cadavres, trois heures durant en pleurs et terrorisée, au téléphone, elle a appelé à l’aide avant que la Société du Croissant-Rouge palestinien obtienne l’autorisation d’envoyer une ambulance. En vain : les troupes israéliennes l’ont délibérément tuée, elle et les deux urgentistes de l’ambulance venue à son secours (on dénombrera 355 impacts de tirs sur le véhicule où elle était terrée).
Sa voix c’est celle de tous les enfants, tous les civils de Gaza, tout un peuple qui appelle à l’aide sans que quiconque puisse entrer dans Gaza faute de « feu-vert » des autorités israéliennes despotiques, la voix de tout un peuple souffrant un génocide perpétré par un gouvernement israélien agissant en toute impunité. En effet, en dépit des mandats d’arrêt de la CPI contre Benyamin Netanyahu, par deux fois, en septembre 2025 et septembre 2026, alors qu’il se rendait à l’Assemblée générale des Nations unies à New-York, son avion a obtenu l’autorisation de survoler l’espace aérien français. Les autorités françaises seraient-elles sourdes à "La voix de Hind Rajab" ? Que font les autorités européennes ?
Pour ceux qui n’auraient pas vu le film, son visage de petite fille est désormais immortalisé par un des cents panneaux brodés de tatreez (pratique traditionnelle de broderie palestinienne) conservés par le palestinemuseum.us accessible en ligne. Ce travail collectif, mobilisant une pratique patrimoniale, réalisé par des femmes de Palestine occupée, de camps de réfugiés du Liban et de la diaspora (Nouvelle-Zélande) dit le refus de laisser oublier les crimes perpétrés à Gaza et la permanence de la culture palestinienne.

