Le CDEN de bilan de la rentrée s’est déroulé le 11 décembre dernier, suite à notre boycott du premier pour lequel un point modifiant la sectorisation des collèges avait été ajouté sans aucun document ni aucune discussion en amont (voir dans l’épisode 2 de ce CR).
Lors de ce CDEN de plus de 3h et à l’ordre du jour très chargé, que s’est-il passé et dit d’important ?
Tout d’abord, ce CDEN s’est tenu en l’absence des élus du Conseil Départemental et des représentant.e.s de la FCPE28, ces dernier.e.s ayant déjà boycotté le précédent en raison du refus du préfet de nommer leur présidente, condamnée judiciairement, comme membre du CDEN.
Monsieur le DASEN a ensuite profité du débat et du vote de la carte scolaire du premier degré pour présenter une carte de l’évolution de la démographie par circonscription (les écoles du département sont regroupées en 9 circos dirigées par 9 IEN). Sans surprise, elle fait apparaître une partie ouest du département comme en grande déprise démographique. Pour le DASEN cela doit amener à réfléchir à « l’organisation scolaire au niveau local ». Ici la FSU a rappelé la nécessité de veiller à conserver un maillage fin des écoles pour ne pas se retrouver avec des élèves de maternelle faisant plus d’une heure de transport par jour.
Sans surprise, cette carte scolaire a été très largement rejeté par le CDEN : 2 abstentions, 3 pour, 9 contre.
La question de la déprise démographique a également animé le débat sur la répartition de la dgh entre les collèges du département. Ici les représentant-e-s du SNES-FSU ont insisté sur la nécessité de lutter contre cette déprise en promouvant des services publics de qualité dans ces zones, par exemple en y maintenant un haut taux d’encadrement des élèves. Ceci pourrait notamment se faire en s’appuyant sur la souplesse des ORS des enseignant.e.s qui ne définissent que des maximums de service : pourquoi envoyer des personnels dans un autre établissement, parfois très éloigné, pour quelques heures de cours manquantes alors qu’il ou elle pourrait faire tout son service dans le petit établissement rural ? Au lieu de cela, les personnels sont envoyés en complément de service et passent leur temps sur la route, non auprès des élèves !
Nous sommes également intervenus pour manifester notre refus de l’argument démographique qui nous est servi pour justifier désormais les baisses de moyens. Pourtant, aucune baisse du nombre d’élèves dans nos classes. Cherchez l’erreur !
Les mauvaises conditions d’enseignement dans les ULIS du département nous alertent également puisque 60 % des ULIS collèges dépassent les 10 élèves, seuil fixé par le texte réglementaire. Maintenant que tous les collèges disposent d’une ULIS et comme le nombre d’élèves en relevant continue d’augmenter, il va falloir sérieusement réfléchir à l’idée d’ouvrir une seconde ULIS dans certains collèges.
Le document produit par la DSDEN28 et soumis au vote portait également de la répartition des moyens de vie scolaire entre les collèges. Sans travail en amont lors de l’ajustement de cette répartition en juin-juillet, nous avons interrogé le DASEN sur les critères retenus. Il nous a renvoyé vers un modèle académique peu lisible, ce qui rend nécessaire à nos yeux un travail de transparence via un groupe de travail sur le sujet en amont de la répartition des moyens pour la prochaine rentrée.
Là aussi, le vote n’a donné lieu à aucune surprise : 9 contre, 1 pour, 3 abstentions.
Année après année, les cartes scolaires se suivent et sont très souvent rejetées par la communauté éducative...Et pourtant rien ne change : quel mépris pour la démocratie sociale !
En complément de cette présentation de la carte scolaire, Monsieur le Dasen a présenté les résultats des examens et de l’orientation dans le département. Il a souligné la nécessité d’être vigilant sur les résultats du DNB, en baisse et inférieurs à la moyenne académique. Autre sujet d’inquiétude la voie technologique. Ici comme sur les taux de pression en voie pro, nous en avons profité pour insister sur la nécessité de rétablir la technologie au collège pour mieux faire connaître cette voie de réussite ainsi que, plus largement, la nécessité d’un état des lieux exhaustif du lycée après les multiples réformes en particulier celles impulsées par Blanquer.
Fin de l’épisode 1...à suivre !
Dans ce second épisode, avec les mêmes acteurs, la discussion s’est concentrée sur les domaines de compétence du conseil départemental : dotation globale de fonctionnement des collèges, travaux dans les collèges et modification de leur sectorisation.
Concernant la dotation globale de fonctionnement, nous avons remarqué la hausse globale sur le département tout en continuant de critiquer la cible de 60 jours d’autofinancement que donne le conseil départemental aux collèges. L’UNSA a ici appuyé notre critique car, en effet, ce seuil est bas et correspond à celui qui doit alerter les agents comptables. Plus largement nous avons rappelé notre demande de travail approfondi sur les raisons amenant tel ou tel collège à voir ses fonds de roulement augmenter et pas tel ou tel autre. Le Conseil départemental persiste à nous le refuser.
Armé de l’argumentaire de nos collègues du SNEP-FSU, nous avons rappelé le manque d’installations sportives dans le département et la nécessité de faire apparaître dans la dgf envoyée aux établissements la part calculée pour le financement de l’utilisation de ces installations. Là, le CD perssiste aussi dans son refus en nous renvoyant vers les CA d’où il faudrait que les demandes émergent : chiche !
Pour les travaux dans les collèges, le CD nous a présenté un premier bilan plutôt négatif (la première année) mais positif (la seconde) des objectifs de réduction de dépense énergétique négociés dans le cadre des marchés globaux de performance, cadre dans lequel ces travaux sont engagés.
Concernant la suite de ces MGP, les conditions budgétaires pèsent et font que deux collèges sont en attente d’arbitrage pour savoir lequel sera fait en premier (collèges de Nogent-le-Roi et Pierre-Brossolette à Nogent-le-Rotrou). Pour Pierre-et-Marie-Curie à Dreux, collège dans lequel les personnels s’interrogent sur le manque de rénovation et donc l’avenir du collège, le CD nous répond qu’il n’y a toujours pas de travaux prévus.
Le points sur la sectorisation a ensuite pu être débattu. Il concerne la commune de La Bourdinière Saint-Loup qui souhaite rejoindre le collège de Luisant et quitter celui d’Illiers. Vu les dynamiques démographiques du Perche et du Dunois, le SNES-FSU28 s’est opposé à cette modification de la carte scolaire, uniquement motivée par la « volonté des familles ». Si cela peut s’entendre, l’équilibre de la carte scolaire doit aussi être pris en compte, d’où notre positionnement.
Cette modification a été rejetée : 8 contre, 1 abstention et 1 vote pour.
Au titre des questions diverses, trois sujets intéressaient le second degré :
• La FSU a demandé à être associé au comité de pilotage de l’école inclusive au titre de notre représentativité des personnels travaillant dans ce domaine.
le DASEN a demandé à l’IA-adjoint de nous communiquer les comptes rendus des précédents comités. A ce jour, nous ne les avons pas reçus !
• Les locaux du CIO de Châteaudun : Mme la Secrétaire Générale de la DSDEN 28 a enfin reconnu que ces locaux, sous les toits de la direction des finances publiques, n’étaient pas adaptés. Un travail de recherche de nouveaux locaux est engagé...à suivre !
• La hausse des tarifs de la cantine dans les collèges pour les personnels AED, AESH et adminsitratifs : nous avons dénoncé la forte hausse de ces tarifs (+18 % pour cette catégorie, bien plus que pour les autres catégories) pour ces personnels précaires.
Le CD nous a répondu que c’était un service rendu et que les personnels de l’EN pouvaient demander à leur employeur de participer financièrement. Clivage personnel territoriaux et de l’éducation nationale ?
