Rentrée confinée

vendredi 24 avril 2020

Reprise ... avant reprise ?

Lundi ce sera la reprise à distance et son lot de réflexions pédagogiques, sociales et numériques. Les annonces gouvernementales et ministérielles ne nous aident pas forcément à y voir plus clair, or enseigner sans pouvoir prévoir est compliqué. Pour le SNES-FSU, il n’est pas question d’être en présentiel sans garanties sanitaires, ni le 11, ni après. La question de la reprise du 11 mai a de quoi inquiéter, sur tous les plans, ne serait-ce que :
- sanitaire
- professionnel
- pédagogique
- social et écologique

Dans l’Indre

Nous avons déjà eu connaissance de personnels dans un collège de l’Indre à qui l’on a demandé de venir travailler dans l’établissement dès ce lundi 27. Nous vous rappelons qu’aucune réunion en présentiel avant le 11 mai ne doit être imposée.
Nous savons aussi que nombre d’entre vous ont mal vécu la période de "continuité pédagogique" d’avant les vacances, au niveau du stress et de la fatigue. Que la surcharge de travail pour les parents qui doivent en plus s’occuper de leurs enfants et assurer leur scolarité n’est pas suffisamment prise en compte. Nous pouvons aussi vous communiquer que quelques enfants de soignants ont été accueillis dans des établissements du Second Degré (Le Blanc, Issoudun, Ecueillé, Sainte Sévère) mais nous ne savons pas ce qu’il en sera dans les semaines à venir. Enfin, au 16 avril, 20 personnels des collèges et lycées de l’Indre ont vraisemblablement été touchés par le Covid (11 cas confirmés, dont 1 hospitalisation terminée).

Restez chez vous !

Aussi nous vous demandons à tous de rester vigilants à ce qui se passe dans votre établissement pour tout type de personnel, et de nous transmettre rapidement toute information concernant le non respect de la loi et au-delà, de la santé et de la sécurité dans un département où le nombre de cas augmente. La loi, c’est toujours et pour tous qu’on ne se déplace que si le travail ne peut pas être effectué en télétravail.
Le SNES-FSU a été alerté par des collègues qui reçoivent des convocations pour venir préparer, dans les prochains jours dans l’établissement, la reprise le 11 mai. Le SNES-FSU est intervenu auprès du Ministère pour faire cesser ces injonctions : elles sont contraires aux règles actuellement en vigueur sur le confinement et s’opposent à l’idée d’une reprise « progressive à partir du 11 mai ». Si vous recevez ce type de convocations, contactez-nous rapidement.

"Le travail c’est la santé" (et pas le burn-out) :

Par ailleurs, nous vous rappelons qu’il existe un dispositif pour le parent qui doit garder seul (ou parce que son conjoint travaille) son enfant de moins de 16 ans : pour les fonctionnaires il s’agit de l’Autorisation Spéciale d’Absence (ASA), pour laquelle il n’existe pas de formulaire spécifique dans le second degré actuellement. Il vous suffit de rédiger sur papier libre que vous demandez cette ASA pour les raisons énoncées ci-dessus. Nous vous proposons un modèle en PJ. Il n’est pas question d’utiliser le formulaire d’exercice du droit syndical comme vous le diront peut-être certains secrétariats ou la DSDEN. En cas de problème, contactez-nous. Merci de diffuser cette information auprès de vos collègues !

La question du 11 mai : la tension monte

Cette semaine, c’est aussi un temps où la pression grandit pour "reprendre". Bien sûr, les victimes en sont encore les travailleurs qui n’ont pas les moyens de voir leurs revenus amoindris. Mais un combat grandit en effet entre les partisans de l’intérêt financier et ceux de l’intérêt humain, au point d’entendre certains grands "spécialistes" soutenir que les enfants ne sont finalement pas vraiment des vecteurs de microbes et de virus ! Rappelons tout simplement que ce n’est pas l’avis de l’Ordre des Médecins. Dans le journal les Echos on peut lire aussi qu’il faut bien accepter les quelques morts qui iront avec la reprise du travail ! Que la honte étouffe ces télétravailleurs en robe de chambre Dior ou Chanel. Le gouvernement ne pose toujours pas la question des cadeaux du gouvernement aux entreprises (les grandes, s’entend !), de la fraude et l’évasion fiscale (100 à 140 milliards estimés). Ou alors du bout des lèvres, pour aussitôt revenir en arrière.
Il faut continuer à se faire entendre, car nos voix ne peuvent plus être inaudibles, pour l’École comme pour tout le Service Public, mais aussi pour un monde plus solidaire.

L’équipe du Snes 36


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