Réforme du bac et du lycée : les correcteurs appellent à la mobilisation.

jeudi 28 juin 2018

Vous trouverez ci-après la motion proposée par l’APPEP et l’APSES, soutenue par le SNES-FSU contre la réforme du lycée et du bac à faire voter par les jurys de bac !

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Motion jurys de bac

Motion des profs de philo votée le 28 juin :

MOTION ORLÉANS-TOURS

Par 114 voix pour, 0 voix contre et 7 abstentions,
Réunis ce 28 juin en commission d’harmonisation, les professeurs de philosophie de l’académie Orléans-Tours demandent que soit remise à plat la réforme du lycée et que, pour toute nouvelle réforme, leur expertise soit enfin prise en compte en ce qui concerne l’enseignement de leur discipline. Plus largement, ils observent que le Conseil Supérieur de l’Éducation du 12 avril 2018 a massivement rejeté cette réforme avec, par exemple, pour les Premières et Terminales de la voie générale, 35 voix contre et seulement 7 voix pour. En conséquence, ils demandent que l’ensemble des enseignants soit réellement consulté avant tout nouveau projet.
Et si toutefois l’actuel projet venait à s’appliquer, ils exigent :

1. Une mise en correspondance du coefficient de l’épreuve de philosophie de tronc commun avec l’horaire de 4 heures hebdomadaires alloué à l’enseignement de la discipline (soit au moins 10% de l’ensemble des coefficients).
2. Le regroupement de l’ensemble des épreuves terminales du baccalauréat, philosophie comme épreuves de spécialité, au début du mois de juin, afin d’éviter l’absentéisme massif des élèves. Comment, en effet, pourraient-ils se consacrer pleinement à l’apprentissage de la philosophie si elle restait marginalisée à la fin du mois de juin ?
3. Le maintien de trois spécialités en Terminale, les mêmes qu’en Première, afin d’éviter une concurrence funeste entre les disciplines et de ne pas contraindre les élèves à sacrifier une matière.
4. Un nombre de spécialités principales garanties sur tout le territoire afin de préserver une égalité nationale entre les élèves et donc la valeur universelle du diplôme du baccalauréat. (Notons que la politique des bassins, souvent présentée comme une solution, n’en est pas une, d’autant que de nombreux établissements n’appartiennent à aucun bassin : Gien, Beaugency, Vendôme, La Châtre, Romorantin, Issoudun, Le Blanc, Chinon, etc.).
5. En spécialité, le couplage possible de la philosophie avec d’autres disciplines que les seules lettres. Par exemple : philo/DGEMC, philo/sciences...
6. Une définition nationale des horaires disciplinaires pour chaque spécialité.
7. Une constitution des classes à partir des choix de spécialité afin d’éviter des effectifs surchargés et trop hétérogènes.

Satisfaits par l’écoute attentive de Mme la Rectrice lors de l’audience accordée le 26 juin, les professeurs n’en sont pas moins déterminés à faire valoir leurs revendications en se rassemblant le mardi 3 juillet à 10h devant le Rectorat, en même temps que leurs collègues d’Île-de-France devant le Ministère.

Les correcteurs de l’épreuve de philosophie au bac se sont réunis en AG et ont voté une motion contre le sort fait à l’enseignement de la philosophie dans les réformes à venir. Le SNES-FSU Orléans-Tours appelle l’ensemble des collègues de toutes les disciplines à se rassembler et à manifester le mardi 3 juillet à 10h devant le rectorat.

Retrouvez le texte de la motion ci-dessous votée le 18 juin :

Nous, professeurs de philosophie de l’académie d’Orléans-Tours, réunis ce jour pour préparer la correction des copies du baccalauréat, avons décidé de différer nos travaux pour dénoncer les conséquences de la réforme du lycée sur l’enseignement de la philosophie.

Nous constatons la contradiction entre le discours ministériel valorisant la philosophie dans la formation au service des lycéens et la réalité de la réforme conduisant à la marginaliser :

- L’épreuve de philosophie aura lieu un mois et demi après que les élèves auront déjà validé 82 % de leurs notes. Le calendrier du nouveau bac éparpillera donc les épreuves et posera des problèmes d’assiduité.

- Un coefficient ne représentant plus que 8 % de leurs résultats récompense bien mal l’investissement demandé aux élèves tout au long de l’année.

- La disparition des séries et l’organisation des enseignements autour d’un tronc commun, quoi qu’on en pense par ailleurs, aura mécaniquement pour effet une dégradation des conditions d’études avec : 1. la surcharge des classes (35 élèves devenant la norme) ; 2. l’hétérogénéité des profils dans une même classe (empêchant l’adaptation de notre pédagogie).

- La réussite des élèves dans leurs études supérieures est menacée par la réduction des choix de spécialités proposées en Terminale (passant de 3 en 1ère à 2 en Terminale). Ce processus affecte la philosophie au même titre que les autres disciplines.

- Enfin, malgré les promesses de décloisonnement, la présence de la philosophie dans la seule spécialité Humanités, Littérature et Philosophie revient à la réduire à une discipline uniquement littéraire, ce qu’elle n’est pas. En témoigne sa présence dans de nombreux concours post-bac : écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, PACES...

Pour toutes ces raisons, nous demandons l’ajournement de l’application de la réforme et l’élaboration d’un nouveau projet après concertation réelle avec l’ensemble des enseignants.