Stage "métier" à Blois le 21 avril

vendredi 4 mars 2016

Comment rendre le métier vivant pour s’y retrouver soi-même, y retrouver son plaisir d’agir ?.

Comment devenir ou redevenir acteurs ?

Au quotidien, inlassablement, les professionnels d’ l’Education nationale construisent leur métier. Ils inventent des pratiques, cherchent des solutions pour faire réussir les élèves. Ils font des choix réfléchis, sans cesse renouvelés, interrogés. Mais le travail est complexe : ces choix nécessaires pour construire des savoirs avec les élèves, peuvent se transformer en dilemmes difficiles à trancher et laissant une frustration, lorsqu’ils apparaissent mal adaptés, donnant un goût de travail mal fait. La solitude aggrave ce sentiment, conduisant à douter de ses compétences et à se culpabiliser ou bien à s’auto-prescrire des niveaux d’exigence inaccessibles. Mais le travail en équipe imposé par les prescriptions, n’est pas toujours celui que l’on cherche, imposant de nouvelles contraintes plutôt qu’ouvrant vers de nouvelles ressources personnelles.

Les contraintes sur le métier sont fortes : attentes des familles ; attentes contradictoires de la société qui ne sait pas fixer d’orientations claires à l’Education nationale ; attentes diverses et variées des élèves, qui adoptent des attitudes plus ou moins éloignées de ce que l’on exige d’eux ; pressions diverses et variées de l’administration et d’une inspection qui s’est beaucoup éloignée du terrain ; prescriptions de plus ne plus normalisées, contenus de programmes et d’examens à mille lieues des capacités des élèves, du temps imparti pour chaque discipline... Le sentiment est souvent fort d’inefficacité, de gaspillage d’énergie, d’inadaptation.

Enfin les professionnels de l’Education ont le sentiment de n’être pas entendus : les prescriptions sont toujours celles d’experts éloignés du terrain. Pourtant, par notre confrontation aux réalités quotidiennes, par nos savoirs « pratiques », nous sommes nous-mêmes de véritables experts de notre métier. Donc en capacité de disputer aux experts patentés de l’Education nationale les critères du travail efficace, du travail bien fait.

Chacun essaie d’accomplir son travail au mieux, car c’est le goût du travail bien fait, efficace, c’est lorsqu’on arrive à sortir de soi-même, à se créer des moments d’inventivité, à faire sauter une contrainte que le travail reprend son goût. C’est le développement, la libération du métier qui donne/redonne son sens et son plaisir à celui qui l’effectue.

Comment rendre le métier vivant pour s’y retrouver soi-même, y retrouver son plaisir d’agir ? Comment retrouver construire ou reconstruire notre pouvoir d’agir sur notre métier ?

C’est cette question que nous souhaitons mettre en débat à partir de l’expérience et des travaux réalisés depuis une quinzaine d’années dans un partenariat entre le SNES et le Centre de recherche sur le travail et le développement d’Yves Clot (au sein du CNAM). Des éléments d’analyse et d’action construits dans ce partenariat, seront donnés, qui éclairent d’un nouveau jour et dans des perspectives d’action nouvelles la question du travail.

La réflexion pourra s’organiser autour de quelques axes  :
- Comment vivons-nous nos métiers ? Quelles évolutions fortes vivons-nous ces dernières années ? Qu’est ce qui fait vivre mais aussi met en crise nos métiers ?
- Comment pouvons-nous, dans l’action, développer notre pouvoir d’agir sur notre milieu de travail, sur nous-mêmes, en développant des ressources individuelles et collectives pour accomplir un travail de qualité ?
- Comment pouvons-nous, ainsi, dans le même mouvement, agir sur notre milieu de travail et sur son organisation, en « disputant » aux dirigeants-experts la définition des critères de qualité du travail, pour aller vers un autre gouvernement de l’Education nationale ?
- Quels moyens d’action pouvons-nous construire concrètement au sein de l’action syndicale ?


Documents joints

stage "métier" 21avril
stage "métier" 21avril