[Indre-et-Loire] CTSD de rentrée du 8 novembre 2016

mardi 8 novembre 2016

Ce matin avait lieu le CTSD de rentrée dans le département, le SNES-FSU à lu cette déclaration liminaire :

La rentrée 2016 s’est déroulée dans un climat tendu, comme pouvait le laisser présager la mise en place de la réforme des collèges, soutenue par notre ministère et son administration contre l’avis et dans le mépris le plus total d’une majorité des professionnels de l’éducation.

Les communiqués de presse trompeurs et autres reportages biaisés orchestrés par des personnels soucieux de soutenir la propagande ministérielle n’y changent rien, les effets délétères de la mise en place de cette réforme se font déjà sentir.
La mise en place des EPI empêche les collègues d’avancer dans leur programme.
Certains établissements font la promotion de « l’à peu près » en confiant l’A.P d’ une matière à des professeurs qui enseignent dans une autre discipline. On pourrait alors parler d’aide aux devoirs et non d’aide personnalisée. Sous cet intitulé mensonger, se cachent également des effectifs pouvant parfois monter à près de 30 élèves. Il va de soi qu’il est impossible dans ces conditions d’apporter une aide personnalisée.

Le latin est parfois maintenu sous condition d’acceptation d’heures supplémentaires, et les remontées des discours qui sont tenus par certains chefs d’établissement nous laissent penser qu’il est actuellement sous perfusion. D’ailleurs il a tout bonnement disparu d’établissements comme Château-la-Vallière et Ferry Tours, et nous comptons pas moins de quatre établissements dans lesquels le Latin disparaît sur un voire deux niveaux.

Certains élèves de langue se retrouvent dans des situations inacceptables, c’est ainsi que des élèves de 5ème issus de classes bilangues de 6ème ont cours avec des élèves de 3ème qui avaient commencé leur LV2 en 4ème. De même, la mise en place de la réforme sur les quatre niveaux en même temps conduit plusieurs collèges à regrouper les élèves de LV2 de 5ème et 4ème puisque ces deux cohortes commencent leur LV2 cette année. Contrairement à ce qui était annoncé, ce sont encore les langues à faible diffusion qui en paient le prix fort. Une fois de plus, on vient chanter aux professeurs les bienfaits de la pédagogie différenciée et du travail en îlots pour se décharger à bon compte du caractère impossible de la mise en pratique de cette réforme. Nous ne pouvons plus croire qu’elle est destinée à aider les élèves mais bel et bien à réaliser une économie de moyens !

Sa mise en place sur 4 niveaux, contre le bon sens élémentaire et sans tenir compte des élèves ayant déjà commencé certaines options aujourd’hui disparues ou très largement modifiées, met nos collègues dans des situations d’épuisement. Et comme si ce n’était pas suffisant, la mise en place du Livret Scolaire Unique Numérique, qualifié à raison par la plupart des collègues « d’usine à gaz », vient terminer d’enfoncer le moral de la profession.

Comme chaque année nous déplorons le grand nombre de divisions à effectifs pléthoriques, Loches et Paul Louis Courier détenant respectivement le triste record de 31 élèves en 4ème et 34 élèves en classe de 3ème. Huit établissements ont une moyenne de plus de 27 élèves sur les quatre niveaux. De telles conditions ajoutent encore à la difficulté de la mise en place de la réforme.

Nous déplorons une fois de plus le grand nombre de CS qui viennent alourdir la charge de travail des enseignants concernés et dégradent les conditions de travail et d’apprentissage des élèves. Le nombre conséquent de petits BMP (en augmentation d’environ 35%) pourvus au mieux par des TZR dans des conditions ubuesques vient encore noircir le tableau des conditions de travail dans les établissements. A ce jour le nombre de congés maladie ou maternité non remplacés est déjà important faute de personnels qualifiés pour assurer les remplacements.

Ce regrettable état des lieux risque malheureusement d’entacher encore un peu plus l’image de notre profession déjà bien mise à mal par la récente médiatisation des méthodes de recrutement au sein de l’Éducation Nationale qui mettent à jour le mépris avec lequel nos professeurs et nos élèves sont traités.

Le SNES-FSU a rappelé ses exigences en matière de formations et de professionnalisation des personnels qui accompagnent les élèves handicapés.
Nous avons pointé du doigt les nombreux dysfonctionnements dus à la mise en place de la réforme et ses effets sur les personnels et les élèves.

Nous avons dénoncé les conditions de travail de nombreux professeurs, en particulier les compléments de service toujours en augmentation.

Concernant l’Accompagnement des Elèves en Situation de Handicap, nous avons pu noter une véritable volonté d’améliorer encore la situation, mais les moyens ne sont toujours pas à la hauteur des ambitions.

Enfin, nous n’avons pas obtenu de réponses satisfaisantes sur les effets de la réforme, le nouveau brevet ou encore le nouveau Livret Scolaire Unique Numérique. Sur ces deux derniers points, il semble que même notre administration avance dans le brouillard. Mais est-ce si surprenant quand nous faisons le bilan de la manière dont notre ministère s’est occupé de l’école ces dernières années ?