APV : tous les collègues sont concernés

jeudi 2 décembre 2010

Déclaration du SNES, du SNEP et du SNUEP au CTPA du 05/11

Pour le mouvement des personnels enseignants qui s’annonce, l’administration impose un nouveau dispositif, les APV, qui a pour objectif affiché d’apporter des solutions à l’instabilité des enseignants dans certains établissements et à l’absence d’attractivité de certains postes.

Elle a dressé le constat d’échec des dispositifs précédents, de la politique de profilage généralisé, puisque les PEP sont supprimés. Pour autant, elle s’enferre dans la même logique, alors que celle-ci a montré son inefficacité, voire sa nocivité. Nème tentative pour remédier aux problèmes des postes difficiles par le seul moyen des mutations, ce nouveau dispositif esquive, par le refus de mettre en œuvre des solutions concrètes, donc coûteuses, les raisons fondamentales qui président à leur manque d’attractivité.

Il risque, bien au contraire, d’aggraver la situation, d’autant plus qu’il est mis en place par le Ministère dans la précipitation, sans réflexion préalable sur les raisons profondes de la non-attractivité de certains postes et, surtout, sur la manière d’y remédier et sans études prospectives sur les conséquences pour les établissements et pour les personnels.

L’exemple le plus frappant est sans doute le ballet qui vient de se mener dans toutes les académies pour définir dans l’urgence des critères « scientifiques » de non-attractivité, en plus de ceux imposés par la note de service. Ce qui aurait dû être premier - l’identification du problème auquel on veut remédier - est finalement déterminé en bout de dispositif !

C’est un dispositif qui ne correspond pas à l’objectif annoncé

- L’injonction ministérielle est que le classement APV se fonde sur la liste 2001 dite du « plan violence » et les classements « sensibles » du début des années 90 : chacun en connaît les absurdités et les lacunes.

Sur notre académie, cela revient, par exemple, à intégrer dans la liste le Collège Pasteur à Tours. Poste non-attractif s’il en est puisqu’au mouvement 2004, des dizaines, voire des centaines de collègues l’ont demandé dans le cadre d’un vœu « large » (de commune à département) ; 32 l’ont demandé précisément ; 4 seulement y ont été affectés, avec des barèmes allant de 325 points pour le plus faible à 1601 pour le plus élevé. On retrouverait le même phénomène à Jean Rostand à Orléans, où le plus petit barème affecté était de 195 points. A Blois-Bégon, si on met à part le poste dans cette discipline rare qu’est l’arabe, le seul collègue affecté à l’Intra 2004 l’a été avec un barème de 1061 points. Etc.

- Par ailleurs, l’utilisation de critères locaux de classement va amplifier les inégalités déjà existantes sans répondre mieux à l’objectif annoncé. Aussi sérieux qu’aient pu être les efforts de certains rectorats pour définir, dans l’urgence, les « critères scientifiques » de la non-attractivité des postes, on ne peut que constater les absurdités qui se révèlent lorsqu’on envisage les choses à l’échelle nationale. A Dijon, après avoir évoqué la possibilité de retenir parmi les critères une ancienneté moyenne inférieure à 5 ans, le Recteur a finalement décidé que « ce critère n’était pas pertinent pour l’académie » [sic]. Sur Orléans-Tours, un des critères choisis est une ancienneté inférieure à 2 ans. Quelles sont donc les différences si importantes entre le Cher et la Nièvre pour justifier ces écarts de traitement ? Autre exemple à Toulouse, où tous les postes avec un complément de service dans une commune non limitrophe sont proposés dans la liste des APV. Est-ce le soleil du midi qui rend les trajets incessants plus insupportables, et donc les postes moins attractifs ? A contrario, est-ce un tel plaisir de parcourir quotidiennement les routes du Val de Loire que les collègues se précipitent pour occuper ce type de poste ?

On le voit, selon les académies, ces listes vont donc contenir tous les types possibles d’établissement et de postes. Parfois, il y aura dans le lot des établissements et des postes non attractifs !

C’est un dispositif injuste et brutal

- Injustice entre les collègues des différentes académies, comme nous venons de le voir.

- Seconde injustice, les collègues en poste dans les établissements non classés, notamment tous les collègues actuellement en ZEP, subiront une insupportable rupture de contrat : le dispositif « transitoire » est en réalité un reniement de l’engagement pris par l’administration lors de leur affectation.

- La hauteur des bonifications, enfin, déséquilibre profondément l’ensemble des barèmes. Cinq ans d’APV (375 pts) valent plus que 23 ans de stabilité dans un poste (355 pts), ou plus qu’un rapprochement de conjoint avec deux enfants et deux ans de séparation (345,2 pts). L’administration veut plier la mobilité géographique à des choix « de parcours professionnel ».

C’est un dispositif dangereux

- Contrairement à l’objectif affiché, la déstabilisation massive des équipes pédagogiques et éducatives des établissements difficiles est un risque immédiat et majeur. Le dispositif crée sans transition une masse importante d’ayant-droit nouveaux dans les établissements classés, et incite ceux qui perdront les bonifications précédemment acquises à les utiliser maintenant ou jamais. Sur notre académie, cela veut dire par exemple que sur les 35 établissements actuellement classés ZEP et/ou sensible, 25 (les ZEP qui ne se retrouvent pas dans la liste des APV) risquent de connaître cette année une inflation formidable des demandes de mutation et des départs. Belle rentrée 2005 qui s’annonce pour ces établissements « renouvelés » ! Beau cadeau fait aux élèves !

- Le « blocage » du mouvement est un danger bien réel : les flux de mutations seront plus univoques que jamais, déterminés par la sortie d’APV et aboutissant à restreindre de fait l’accès par le plus grand nombre aux académies traditionnellement très demandées. En contrepartie, les néo-titulaires en première affectation seront concentrés dans les académies difficiles : prétexte en or pour le ministère, qui cherche à trouver des arguments pour régionaliser les recrutements. Il s’agit de casser la mobilité nationale pour mieux territorialiser l’ensemble du système éducatif. On sait bien quels effets délétères une régionalisation du recrutement aurait sur notre académie. Alors que nous manquons déjà cruellement de diplômés, où trouverons-nous demain les licenciés nécessaires ?

- Il s’agit enfin de caporaliser nos professions. La circulaire le prévoit explicitement : « Le recteur peut favoriser ou réserver l’accès à une APV à un candidat à mutation qui en aurait exprimé le vœu précis. Le recteur peut également subordonner la nomination dans certaines APV à un avis des corps d’inspection ou, le cas échéant, du chef d’établissement ». On ne saurait mieux écrire la volonté de faire peser les hiérarchies de proximité sur les mutations, tout comme sur les promotions (projets de hors-classe sans barème). On est ici bien loin du désir vertueusement affiché de favoriser la stabilité des équipes dans les établissements difficiles.

Il existe pourtant des moyens de rendre les postes difficiles réellement attractifs

Nous revendiquons une politique nationale cohérente et volontariste permettant d’une part une amélioration des conditions de travail, et d’autre part de rendre ces postes plus attractifs dans le cadre du mouvement.

  • Abaissement du nombre d’élèves par classe, encadrement pédagogique et éducatif renforcé dans l’établissement, développement des travaux en petit groupe, etc ;
  • Du temps pour tous : pour souffler, se concerter, se former (baisse des maxima de service, intégration de la concertation dans le service…) ;
  • Avantages financiers et en terme de carrière (NBI, avantages spécifiques d’ancienneté, etc.) attribués hors contingent, ou sur contingents particuliers, sans amputer les contingents communs actuels ;
  • Nomenclature unifiée des établissements, par étiquetage simple sur des critères transparents et discutés ;
  • Bonifications d’entrée généralisées, pour favoriser réellement le volontariat en valorisant les vœux précis portant sur ces postes ;
  • Rééquilibrage des bonifications de sortie, en les alignant par exemple sur les bonifications TZR (qui doivent être rétablies), les actuels « ayant-droit » relevant de dispositifs antérieurs plus favorables gardant le bénéfice des bonifications acquises, jusqu’à obtention d’une mutation.

Brèves

Demande de temps partiel 2016-2017

dimanche 16 octobre 2016

Les formulaires de demandes de temps partiel pour l’année scolaire 2016-2017 sont à retirer auprès du secrétariat de votre chef d’établissement et à retourner entre le 16 novembre 2016 et le 26 novembre 2016.

Mouvement inter 2016

jeudi 19 novembre 2015