37 CDEN du 4 février 2016

mercredi 10 février 2016

Suite au CTSD du 27 janvier, s’est tenu le CDEN le 4 février au conseil départemental en présence du préfet, de représentants du conseil départemental et du DASEN. En préambule, le SNES-FSU a lu cette déclaration :

Monsieur l’Inspecteur d’Académie
Monsieur Le Préfet
Mesdames, messieurs les membres du CDEN

Les ignobles attentats perpétrés sur des lieux de vie, de culture, ont frappé et concerné toutes les populations quelles que soient leurs origines, nationalités ou religions. La jeunesse a été particulièrement touchée par cette barbarie.
Cependant, si l’on peut entendre la nécessité d’instaurer l’Etat d’urgence et d’accélérer les procédures d’investigation dans les jours qui ont suivi l’attentat, cette prolongation de l’état d’urgence revient à entériner les mesures d’exception comme étant des « mesures normales », car qui peut croire qu’aujourd’hui, le danger terroriste est éliminé ? A quel moment jugera-t-on que la situation permet un retour à un exercice plein et entier des libertés démocratiques ? Inscrire l’état d’urgence dans la constitution, revient à s’asseoir sur l’état de droit dans lequel nous sommes.
La peur et la sidération sont des sentiments légitimes. On doit cependant veiller à ce qu’elles ne conduisent pas aux amalgames, aux divisions, au rejet. L’institution scolaire, adossée à une laïcité garante de la liberté de conscience et d’une société tolérante, doit faire sa part dans la construction de la vie en société. Notre école doit rester l’école pour tous. C’est une responsabilité individuelle et institutionnelle.

Mardi 26 janvier dernier, les enseignants étaient en grève et ont manifesté pour une augmentation des salaires, la création de postes à la hauteur des besoins et contre la réforme des collèges. L’attente d’un vrai changement qui ne vient pas se transforme chaque jour un peu plus en colère dans la profession. Notre ministre se démène et multiplie sa communication pour essayer de prouver que la refondation de l’école est en marche ! Mais les discours ne suffisent plus ! Le gouvernement serait plus avisé d’écouter ce que disent et veulent les enseignants pour construire l’école de la réussite pour tous

Le SNES-FSU revendique 25 élèves maximum hors éducation prioritaire, 20 élèves maximum en éducation prioritaire et les moyens nécessaires à l’inclusion des élèves à besoins particulier (handicap, élèves nouvellement arrivés en France...). Quant aux moyens pour les remplacements, nous n’osons plus qu’en rêver tant les suppressions massives de postes les ont rendus exsangues.
La réforme des collèges qui va supprimer plus de 150 heures de cours aux élèves sur l’ensemble de la scolarité des collégiens, n’est sans doute pas la solution à l’échec scolaire et la lutte contre les inégalités. Celle-ci est menée à marche forcée, imposée contre l’avis de la majorité des enseignants, une grande partie des parents et même de certains IPR. Le projet de réforme proposé par la ministre s’appuie sur l’augmentation dangereuse de l’autonomie de l’établissement. Ainsi 20 % des horaires seraient gérés localement avec la possibilité de moduler les horaires d’enseignement disciplinaire d’un établissement à l’autre de sorte que les élèves d’un même niveau pourraient se voir proposer des horaires différents selon l’établissement où ils sont scolarisés. Mettant ainsi un terme à l’idée d’horaire national hebdomadaire par discipline, la réforme risque de conduire à des disparités territoriales et sociales et donc à une rupture de l’équité.
De plus, sous couvert d’autonomie des établissements, dans un contexte de mise en concurrence des disciplines, cette réforme met gravement en danger l’allemand et les langues à faible diffusion qui ont besoin d’une politique volontariste pour continuer à exister. De la même manière, les langues anciennes sont, elles aussi, mises en cause.
Par ailleurs, dans un contexte de mise en concurrence entre les collègues, cette réforme aura nécessairement pour conséquence la multiplication de postes partagés mais aussi la suppression de postes.
Enfin, l’interdisciplinarité (EPI) et l’accompagnement personnalisé risquent d’être mis en place sans moyen de concertation et au détriment des horaires strictement disciplinaires : loin de dénoncer l’interdisciplinarité en elle-même, nous dénonçons une logique comptable maquillée sous des arguments pédagogiques.
Certains établissements prévoient d’ailleurs déjà les EPI sans avoir eu la moindre formation sur ce sujet et sans savoir quels seront les personnels présents à la rentrée.
Aujourd’hui, les DHG ont été présentées au vote dans un certain nombre d’établissements et les personnels et parents qui n’avaient pas compris les tenants et les aboutissants de cette réforme, sortent des conseils d’administration scandalisés. Des pétitions fleurissent pour le maintien des classes bilangues et des sections européennes, malgré les tentatives de communication des services de l’Education Nationale visant à faire croire que ces dispositifs seraient en partie maintenus tels qu’ils existent aujourd’hui. Ainsi, nous voyons ici et là des moyens donnés pour faire fonctionner des LV2 de continuité en 6ème qu’on fait passer pour des dispositifs bilangues et dont on se demande de quoi ils sont le prolongement, les élèves concernés n’ayant pas suivi d’enseignement autre que l’anglais au primaire. Les parents et les professeurs ne sont pas dupes des tentatives de communication visant à camoufler l’absence patente de respect du travail des professeurs et de leurs élèves.

Dans une telle cacophonie, peut-on sérieusement envisager l’inclusion des élèves handicapés ? Les équipes manquent de temps et de formation, les effectifs des classes dépassent trop souvent les 25 élèves y compris dans les collèges qui disposent d’une ULIS et/ou une SEGPA.
Nous tenons également à vous interpeller une nouvelle fois sur la situation du collège Bergson, qui en plus de subir le contrecoup des rumeurs, dont on pourrait penser qu’elles sont savamment distillées ici et là à des fins politiques, va devoir à la rentrée prochaine, fonctionner avec deux divisions en moins et des effectifs pléthoriques. Votre objectif est-il d’entretenir la rumeur pour faire fuir les familles de ce collège et mieux le fermer ? Nous souhaiterions que les autorités compétentes mettent fin à toutes ces rumeurs et donnent clairement et franchement leur position quant à l’avenir de cet établissement.

Tout comme lors du CTSD, nous avons insisté sur l’offre de formation dans les collèges du département. Sur le latin, Monsieur le DASEN nous a fait remarquer qu’au regard du nombre d’élèves qui suit l’enseignement du latin au collège, très peu d’élèves continuent cette discipline au lycée. Pour Monsieur le DASEN, si le latin pose problème ce n’est pas au collège mais au lycée donc nos inquiétudes ne sont pas fondées ! Ce raccourci nous semble un peu rapide et pas plus fondé que nos inquiétudes le seraient !

Sur la situation des élèves à besoins particulier, nous n’avons pas eu plus de réponses que lors du CTSD.

Concernant le collège Bergson : Le conseil départemental nous a confirmé que le conseil municipal de Saint-Cyr-sur-Loire avait fait voter la fusion des deux collèges afin de regrouper les écoles primaires sur le site du collège Bergson mais qu’en aucun cas il ne s’agissait d’une opération immobilière. Le conseil départemental n’a pas encore arrêté sa décision quant à la fermeture du collège Bergson mais que cette question serait abordée lors d’une prochaine séance du conseil départemental. Nous avons alors rappelé qu’il serait souhaitable que les personnels et les familles soient consultés en amont. Le conseil départemental et le DASEN ont alors déclaré à l’unisson qu’ils n’iraient pas rencontrer les personnes et les familles tant que leur décision ne serait pas arrêtée ! Il a même été ajouté qu’il n’y avait pas lieu de les rencontrer étant donné qu’ils avaient déjà eu contact avec les deux principaux qui ont exprimé leur souhait de voir fusionner les deux établissements. Cette méthode de travail nous laisse très perplexes...